CHAMPIGONS DE PRINTEMPS

    Certains champignons n' apparaisent qu' au printemps, d'autres qu'en automne, d'autres au printemps et en automne.( D'autres ni au printemps ni  en automne). Cela peut donner à réfléchir!

Il n'aura échappé à personne que sous nos latitudes tempérées automne et printemps présentent des caractéristiques climatiques extrêmement dissemblables ,voire opposées:

      -les  températures décroissent en automne, croissent au printemps . de plus, en Europe atlantique l' equinoxe d'automne est  plus chaud que celui du printemps.

    - l'éclairement varie en sens inverse:     1H40   entre le lever et le coucher du soleil, à Paris, entre le 1er et le 30septembre                                                                             + 1H44                  "          "                                                  entre le 1er et le 31 mars. 

    - Les pluies de printemps et pluie d' automne ne sont pas identiques; Et les giboulées  sont plutôt de mars.

Il s'en suit, pour nos morilles (en Aquitaine) que:

 Si elles sortent vers le 31 mars, 10 jours après l'equinoxe de printemps, on peut  affirmer que,au cours des 30 jours précèdents la température moyenne s'est élevée de 3°C  et que chaque jour le soleil  s'est montré environ 4 minutes de plus sans compter des crépuscules plus généreux.

Si elles avaient dû paraître vers le 30 septembre elle aurait dû faire face à des variations de température et d'éclairement  inverses. Et le mois précédent,  août,  avec 20°C en moyenne, serait à comparer à février (8°C). Et voila pourquoi on ne trouve pas de morilles en automne (sauf exception non vérifiée). C'est exclusivement un champignon de tout début de printemps ou de fin d'hiver et ça peut nous renseigner sur ses éxigences!

   Si la morille n' apparait pas en automne, on doit bien pouvoir en tirer quelques enseignements.

Pour  en revenir à cette réflexion (sans doute  potentiellement plus féconde qu'il n'y paraît) sur les champignons de printemps et/ou d'automne, ne peut-on pas d'ores et déjà avancer que certains sont peu sensibles à l'éclairement et à ses variations (agaricus campestris,coprinus divers), certains y sont très sensibles, certains ont une période d'incubation et de fructification courte et n'ont besoin que de plages  climatiques courtes, certains ont des cycles plus longs ...etc?

  En ce qui concerne la morille:

   A.  elle a besoin d' une certaine durée pour son développement complet. Sinon, sur une semaine, par exemple, on pourrait rencontrer en automne des températures de fin mars avec, après une période de temps couvert, un ciel chaque jour plus dégagé et donc plus d'éclairement.

  B.  La morille a besoin d'une   période de froid intense pour paraître. un hiver bien froid est favorable. Le carpophore sort souvent après les derniers gels nocturnes. Un mycélium jeune, toujours élevé au froid, possède une plasticité particulière.

Au sortir d'une période bien froide le sol est débarassé de  la plupart des prédateurs et des concurrents. c'est un point qui a son importance.

   C.  Il est clair que la "fenêtre de tir" pour l'apparition du carpophore est étroite. Au delà d'un certain seuil climatique il n'y a plus aucune chance de voir une morille;  après un certain "point de non retour", à déterminer, la fructification est exclue et le mycélium entre dans une période de survie.

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