;;                                       CULTURE DU MYCELIUM                                       

                                                                                        aspects pratiques

       l'astérisque signifie que le sujet sera affiné ultérieurement

  1ère étape: La germination:

 Le moyen le plus simple et efficace est de faire germer le carpophore dans sa totalité: spores,conidies,tissus du chapeau, de la queue, oÏdies (cellules
libres).

 On trempe un carpophore frais ou desséché (un petit fragment suffit), pendant une heure, dans de l' eau* ou de préférence du jus de pomme*; puis,
 après l'avoir fait ressuyer, on le place dans un récipient couvert.(On
peut jeter le jus dans la nature).

 Les conditions de  la réussite sont assez  accommodantes:
           température* modérée(5-25° environ),
          carpophore non détrempé, mais bien humide,
          atmosphère saturée d'humidité et confinée* grâce au couvercle.

 Les puristes pourront utiliser les techniques traditionnelles de cultures pures en laboratoire: stérilisation, boites de Petri, liquides nouriciers classiques,
agar-agar ...etc.   ...  Ce n' est peut-être pas la bonne démarche:  beaucoup trop d'efforts pour une culture qui doit se préparer à affronter la nature telle
qu'elle est, qui ne doit pas rester longtemps "axénique".

après 24h    après 48h

  après 72H       après 96 H. 

 A ce stade on peut déjà aborder l' étape suivante, si l'on est pressé. Le mycélium semble encore bien pur.

 

     2eme étape:  Première transplantation, repiquage :

   Lorsque le capophore a bien germé, prélever avec un instrument adapté (pince à épiler. par exemple) et propre, quelques portions du mycélium
aérien qui vous paraissent bien homogènes et non contaminées par une moisissure* qui aurait pu se développer (souvent penicillium glaucum ).

 Placer ces prélèvement dans un récipient nettement plus grand que le précédent, bien nettoyé de toute impureté, bien plat et qu'on peut couvrir,
contenant une couche de 1 à 2 mm de jus de pomme ou d'un autre liquide*.

 Bien mélanger pour disperser les conidies. Couvrir. Placer  le tout dans un endroit plutôt sombre mais non totalement obscur et attendre que le
mycélium conidien envahisse la surface
.

                                                                 

                                                                         Résultat du 1er repiquage.

Nous possédons maintenant suffisamment de matériel pour passer à la multiplication à grande échelle:

    3 eme étape: multiplication:

  Deux voies sont possibles:     A -  en milieu liquide

                                                      B -  en milieu solide-humecté- aéré

Remarque essentielle: le mycélium, en milieu liquide ou simplement humide, se développe mieux au contact de l'air

 A) En milieu liquide il faut trouver de grands récipients parfaitements plats, parfaitement horizontaux pour que le film liquide couvre la plus grande
surface possible puisque c'est principalement au contact de l'air que le mycélium se développe.
Il y a là un problème de planéité et d'horizontalité. (un milieu plus ou moins gélosé pourrait simplifier le problème).

Quel liquide?  Dans les premiers essais on pourra continuer à utiliser du jus de pomme du commerce. Par temps chaud (>15°C) on ajoutera au liquide
un peu de calcaire (eau de chaux par exemple) pour atténuer le risque d'une acétisation  trop rapide de ce liquide
sucré.

                sur jus de pomme

 

 B)  En milieu solide. Il faut que le substrat soit bien humecté mais pas trop car , nous l'avons vu, le mycélium apprécie les terrains plutôt légers
et aérés. Le substrat devra ressuyer.
Comme liquide on pourra également utiliser du simple jus de pomme. 

 Quel substrat?   Tous les essais, tous les dosages méritent d'être tentés.
 Notons quelques éléments réputés favorables:

       - compote de pomme,marc de pomme, cendres, vieux papiers, vieux bois, orme, frêne, artichaut, topinambour.

       - débris d'habitat rudéral ( rudus, ruderis, n = décombres, déblais, platras, ruines).

      - .............etc.

 Quelques exemples en milieu solide:

    Après 3 jours:  foin sec haché + sable calcaire ("terre de renard")
+ jus de pomme. température mi-août 2010; On notera la pureté et
l'homogénéité du mycélium malgré l'absence de stérilisation du substrat.

                      

   

Même chose, mais avec "foin" de capitule d'artIchaut, après 2-3 jours.

                         

             Argile + foin haché + compote de pomme, après 4 jours. substrat non stérilisé.      

     

   

 Argile jaune ou gris + compote de pomme..     avec de la cendre ou de la pâte à papier ou  ...etc.

Le plus étonnant c'est l'homogénéité et la "pureté" de ce mycélium. Rien n'a été stérilisé. Ma grange contient des milliards de spores de

 moisisures diverses. Sans doute l'argile  a-t-il un rôle  essentiel. (cela reste à prouver).


précisions :                                  

 * Atmosphère confinée: Succintement on peut affirmer que, pour la germination et la croissance du mycélium, un milieu calme,

sombre ou obscur, à l'abri du vent, très peu aèré  est très favorable (comme pour les moisissures). Un récipient profond ou recouvert

 d'un couvercle peut convenir. On utilise aussi des bocaux en verre fermés par du coton ou de la gaze. A ce stade le mycélium semble

peu gourmand en oxygène. Les "coins à morille" sont très souvent abrités du vent et des courants d'air (murs, haies, cuvettes, talus).

 *  Eau:  eau du robinet, eau de pluie, eau de source, eaux minérales, eau déminéralisée ...etc. cela semble avoir peu de conséquences.

 * Jus de pomme: pratiquement tous les jus de pomme du commerce conviennent.




  CONDITIONS DE PRODUCTION ET DE CONSERVATION DU MYCELIUM:

     On peut produire et conserver du mycélium toute l'année.

     Il est possible de commencer en avril-mai avec des spores ou un carpohore de l'année: la morille fraîche germe facilement ( spores et tissus).
  ......ou bien, au cours des mois suivants, avec de la morille séchée, des spores ou du  mycélium ancien qu'on aura conservés. 

   On peut repiquer le mycélium conidien aussi longtemps  qu'on voudra à condition de renouveler le milieu nutritif  mais si la culture n'est pas faite
en milieu stérile il sera plus prudent de surveiller l'absence de concurrents et d'éliminer le mycélium infecté.

   Le mycélium conidien n'évolue pratiquement plus après une dizaine de jours. On peut donc le stocker pour l'utiliser éventuellement plus tard
pour de nouvelles extensions: Le mycélium obtenu sur substrat solide humecté se déssèche naturellement et se conserve dans un lieu sec et abrité.
   Sur milieu liquide le mycélium, après un léger égouttage, peut être stocké en bocal dans un endroit réfrigéré. On peut aussi le laisser réssuyer et se
déssécher  à température ambiante.

    

    Début  janvier, il sera temps de relancer la production, à l'aide d'une partie du matériel qu'on aura conservé. Dans un local à 5-12°C,
environ, on s'efforcera d'obtenir en grande quantité un mycélium qui, à cette époque de l'année, sera particulièrement évolutif. 

              

                                                                                

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

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