CYCLE DE LA MORILLE

 

1) TOUT D'ABORD, QUELQUES TERMES

                                  

                                

                               

                                         

                                                        Un asque (askos = sac, outre)                                                        petit amas de spores

                                            Les morilles sont creuses. ( la limace est optionnelle).

  2)  LE CYCLE

 En avril-mai, après la fructification, le mycélium entame une période de survie qui doit  aboutir à une  nouvelle fructification au
printemps suivant.

  Première proposition: la survie du mycélium est surtout le fait des conidies.

       Les asques du carpophores libèrent leurs spores par leur opercule- ou ne les libèrent pas. certains asques n'ont pas de spores (ascospores). Beaucoup d' entre eux n' arrivent pas à maturité. Les spores, lorsqu'elles sont correctes, germent quand les circonstances deviennent favorables, c'est à dire rarement. Globalement on peut donc avancer que la  germination des spores est plutôt aléatoire. Le plus souvent c'est l'ensemble du carpophore qui germe (dans une atmosphère humide, douce et confinée):   spores, conidies, tissus eux-mêmes et autres oïdies.  La partie souterraine du carpophore et le mycélium secondaire qui vient de fructifier prennent, comme les autres éléments précités, la voie d'un mycélium primaire conidien.

       Les conidies, ( du grec konia=poussière, sable, cendre), sont de petites spores  végétatives (issues d'une reproduction non sexuée), spores de substitution qui permettent au mycélium de survivre et de se propager. Elles sont produites par les conidiophores.   Le mycélium souterrain   de l'année périclite et disparaît en tant qu'ensemble vivant** (disons cohérent). 

       

                                  

                                        avec des thalles secondaires, dicaryotiques, générateurs de filaments ascogènes.

            Le mycélium  fructifie, alors, si les circonstances climatiques le permettent.

       

      .     Deuxième proposition qui est liée à la première: La morille est un champignon nomade, souvent sur de courtes distances.

         Il faut tordre le cou à l'idée que la morille peut fructifier sur le mycélium, toujours actif, de l'année précédente. Celui-ci après fructification ou sans fructification est hors de combat et réduit à un amas de cellules de tous genres, à potentialités uniquement conidiennes. les agents extérieurs, la température, les  animaux et  les végétaux, se chargent de le désintégrer en tant qu' ensemble organisé. Comme tous* les saprophytes, la morille n'est pas associée*  aux racines ou radicelles d' une plante à chlorophyle qui lui assurerait une certaine pérennité. (pas de mycorhizes observées).
           c'est un mycélium non pérenne.

       Les spores, assez lourdes, peuvent germer, mais rarement, sur place ou à proximité immédiate. Les conidies, beaucoup plus volatiles se déplacent au gré des vents et des ruissellements. Elles assurent la dissémination du mycélium, la conquête de nouveaux territoires propices à une colonisation.

       La question de savoir si l' épuisement du milieu en certains éléments nutritifs ne serait pas à l'origine de ce nomadisme est à considérer. Si c'est le cas cela conforterait plutôt la thèse selon laquelle la dissémination  se fait principalement par les conidies qui seules ont le rayon d'action suffisant pour la réaliser. 

       Bien sûr, il peut y avoir  fructification deux années consécutives au même emplacement. (assez fréquent)
       Mais c' est  le produit de deux mycéliums actifs différents et donc successifs, le second pouvant être issu des résidus du précédent. IL ne s'agit pas ici de couper les conidies en quatre; Ce point a des conséquences pratiques pour la culture
      .   

       

      QUESTION ANNEXE:  Ce schéma pourrait-il concerner d'autres saprophytes ascomycètes ou  même basidiomycètes ( les chlamydospores tenant, peut-être, pour ces derniers le rôle des conidies)? Cela n'est pas à exclure sans examen.

       

       * Avec quelques nuances, peut-être.

       ** Un abîme de réflexion s'offre à nous:.... vie du mycélium, vie des différentes cellules, des hyphes, vie de l'ensemble, societé de cellules; peut-on parler d'un mycélium?   .....etc................etc. 






      Remarques annexes sur l'extension de certains mycéliums mychoryziens. (ne concerne donc pas la morille).

      On aura remarqué, en période de très forte poussées, des carpophores  nombreux et variés, d'espèces considérées comme mychoryziennes, dans des endroits assez éloignés de leur habitat habituel. On trouve de tout un peu partout.

      Ou bien cela est du à une très forte expansion en continu de tous les mycéliums issus des mychoryzes et il faudrait aussi admettre que la  plupart des arbres alentour soient, chacun, mychoryzés par beaucoup de champignons.

      Ou bien il faut envisager que la plupart de ces mycéliums productifs ne sont plus physiquement reliés aux mychoryzes. Le mycélium n'est plus continu. L'extension du mycélium, en ces périodes de poussées générales se ferait par d'autres moyens. Les mychoryzes jouent le rôle de sanctuaires et permettent au mycélium d'être perenne. Mais les grandes extensions relèvent sans doute d'un autre processus. A voir. 


                                                                                                                                                                                                                                               RETOUR

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      cycle d'une morille