TYPES DE MYCELIUMS

                                  questions sur la reproduction de cet ascomycète supérieur

 S'aventurer sur la question du cycle génétique de la morille est très audacieux. La  matière est un domaine réservé aux  spécialistes.  Toutefois cette question  présente un intérêt certain pour le morchelliculteur de terrain. 

          Une remarque, tout d'abord:  Si l' on dispose d' une littérature abondante et extêmement documentée sur une foule d'ascomycètes plutôt obscurs, en revanche en ce qui concerne la morille, et même la truffe, on  avance en zone quasiment désertique;  à croire que ces champignons
 intéressent peu de chercheurs! On peut tout connaître de la sexualité de pyronema confluens ou des frasques de l'erisyphale sphaerotheca castagnei, par exemple. Mais pour les champignons supérieurs tout reste vague, voire fuligineux.

Questions naïves et pratiques:
              - y a-t-il homothallisme ou hétérothallisme?  cela a-t-il des conséquences?
             -  La reproduction est elle sexuée, asexuée ou mixte?
              - à quel stade se situe le mycélium   d'une culture donnée? 
              - comment et quand  les tissus ascogoniaux se forment-ils? 

Quelques pistes plus ou moins probables pour recadrer notre perplexité:

 On connait deux  types classiques, au moins, de cycles  de reproduction chez les ascomycètes:

  a) chez les homothalliques:

 

  De la spore ou  de la conidie germe un thalle monocaryotique (1 noyau,n chromosomes par cellule) qui peut se multiplier, se reproduire par conidies. Deux cellules du thalle peuvent fusionner et donner des articles dicaryotiques comprenant 2 noyaux distincts ( 2n chromosomes).

  la caryogamie entraine la fusion des deux noyaux  et la réduction chromatique se fait au niveau de l'asque qui produit les ascospores résultant de cette opération (n chromosomes).

b) chez les hétérothalliques: 

 

Deux thalles de sexe (?), de signes de compatibilité différents (+/ -)  fusionnent pour former un zygote qui produit des dicaryons  qui seront  à l'origine ,après caryogamie, d'asques où s'opère la réduction chromatique.

Dans ce cas Il faut donc des thalles  de signes différents pour produire des carpophores.

c) variantes: Copulations de cellules, amas de filaments, absence d'organes sexuels.

Marius Chadefaud, dans "Biologie des champignons", p. 144, Gallimard, 1944, affirme:
"Il ya ............absence totale d'organes sexuels chez nombre de discomycètes (pézizes, helvellles, morilles) ainsi que chez les truffes (g. tuber)".

il peut y avoir anastomose de cellules végétatives qui produit un tissu ascogène directement.

ou bien "on arrive finalement aux espèces sans procarpes, dont  le jeune fruit se ramène à une simple touffe de filaments végétatifs. Ce sont certains de ces filaments qui, devenant vésiculeux,engendrent les hyphes ascogoniaux et constituent ainsi, chacun, la base d' une pousse ascogoniale......"

   Alors que dire (humblement)?

 -Il  semble que le mycélium secondaire n'apparaisse qu' en toute fin de cycle juste avant la fructification. Il n'y aurait probablement pas de mycélium dicaryotique cultivable (mais ce n'est pas certain). 

 -Il n'y a pas d'organe sexuel "fonctionnel" chez la morille. Mais l'observation microscopique révèle toutes sortes de conidiospores, de conidiophores et bien d'autres cellules à la fonctionnalité non définie, qui sont peut être des témoins attardés d'autres formes de reproduction.          

                         Par exemple, quelques formations plus ou moins bien identifiées, parmi d'autres.

                                

  Deux points importants à signaler, encore,  sur ce sujet:

1)   Il arrive qu'on obtienne des tissus ascogènes "in vitro" sur de fragments de mycèlium qui peuvent  être de très petite taille , dans des conditions encore mal déterminées (par moi). C'est une question ardue! 

2)      L' observateur chanceux ou attentif a pu remarquer qu'avant que le carpophore ne s'érige il se constitue  sur le sol (c'est plus facilement observable sur la mousse) un tissu à allure de nid d'abeille qui sera le chapeau du ou des futur(s) carpophore(s).

On peut en induire que dans des conditions favorables il y production par le mycélium d'une multitude de pousses ascogoniales qui recouvrent, en tapis, une portion de sol et qui sont à l'origine de tous les périthèces accolés  qui constituent le chapeau. Une partie de cette couche se soulève
(observation directe personnelle) pour l' érection du carpophore.
                                                                                                               Et voila pourquoi votre morille est creuse! 

 Ce chapitre recouvre encore bien des mystères et  toute contradiction est bienvenue!

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